5 - Luth, la table

Nous devons jointer et coller la table, l'amener à épaisseur, percer la rosace et poser les barres. Ensuite, pose du chevalet.

1 - la table

La table, en épicéa, est jointée, collée et rabotée à 1,8 mm d'épaisseur. L'emplacement de la rosace est amenée à environ 1,2 mm d'épaisseur, afin de faciliter, ultérieurement, son perçage.

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Avec la caisse encore sur le moule, on reporte précisément la forme sur la table. Ce tracé est important ; il nous permettra de conserver la forme exacte de la caisse indépendamment des déformations qui pourraient survenir par la suite. On détoure la table + 5 mm.

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2 - perçage de la rosace

La rosace est un excellent modèle de chez Crane. Le motif est imprimé sur un très fin calque adhésif, positionné puis collé.

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La rosace est ensuite percée. De nombreux luthiers effectuent ce travail au scalpel (X-acto) seul. Sur cette rosace très fine, je procède autrement : perçage au foret à main et au ciseau fin, finition à la lime. C'est long (une trentaine d'heures) mais propre.

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Et voilà.

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Le calque est éliminé par ponçage, puis la rosace est ciselée : entrelacs, feuilles évidées, liseré

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3 - barrage de la table

Le luth est un original : son barrage a les cernes à plat, contrairement aux instruments modernes, qui ont le barrage avec les cernes verticaux. Le barrage peut donc se tirer d'une table brute.

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Montage à blanc :

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Les barres qui seront visibles sous la rosace sont teintes en noir.

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Les barres sont amenées à bonne hauteur, affinées en ogive, et les extrémités profilées.

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4 - réalisation et pose du chevalet

Le chevalet se réalise sans difficulté, en poirier teint en noir, fixé par une couche légère de gomme-laque.

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Le chevalet est positionné par deux traits de crayons et collé à la colle de peau. Le chevalet se situe 2 mm au-delà du diapason, non pas pour des raisons de compensation, mais parce que le nœud de la corde sur le chevalet fera débuter la longueur effectivement vibrante de la corde à ce niveau.

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Et voilà.

4 - Luth, le manche.

Aujourd'hui, assembler la tête, former le manche, joindre manche et tête, joindre manche et corps.

1 - assemblage manche - corps

Le manche est tiré d'une planchette de poirier. Le joint est coupé au bon angle à la scie à onglet.

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Le manche est ensuite percé et vissé à la caisse, mais pas encore collé.

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2 - assemblage de la tête

La tête est composée de 4 parties : deux joues, deux tasseaux.

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Le grand bloc est débité en deux parties, ce qui permettra de masquer la vis fixant le cheviller au manche.

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Les trous de chevilles sont ensuite percés dans les joues. Pour permettre le perçage au bon angle, les joues sont placées sur un support raboté à 3°.

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Le cheviller est ensuite collé. Il faut faire attention à ce que l'effet de coin ne fasse pas glisser les blocs entre les joues.

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Le cheviller est ensuite arasé. On réalise enfin le dos avec une chute de cote en cerisier.

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Puis les joues travaillées de manière à permettre le passage des cordes extrêmes :

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3 - joint de tête et formage du manche

La tête s'insère dans le manche par un joint à angle aigu, tracé puis débité à la scie.

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Le joint est fignolé... comme on peut : ciseau large, bloc à poncer au bon angle, ajustage à la craie. Tous les moyens sont bons.

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Quand le cheviller est bien ajusté, on peut percer et visser.

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4 - mise en forme du manche

Le manche est ensuite déligné...

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Puis arrondi, après avoir soigneusement reporté le profil de la caisse sur le joint du manche.

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Et voilà.

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3 - Luth, la brague

La brague est la pièce de bois cintrée venant renforcer la caisse au niveau du tasseau bas.

1 - tracé

Un morceau de bristol est mis en place, puis on trace le contour de la caisse et le milieu.

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On dépose le gabarit puis on repère la longueur de la brague et on reporte le dessin des pointes. Attention de prévoir 3 à 4 mm supplémentaires, car la caisse sera rognée d'autant au centre, pour la facilité de jeu.

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2 - débit de la brague

Une côte est soigneusement raclée et découpée au gabarit. Ne pas hésiter à la faire un peu mince, elle sera d'autant plus facile à plaquer sur le corps.

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Note : le segment joignant les deux pointes côté caisse est, de manière surprenante, droit ; c'est le cintrage sur la caisse qui donnera l'impression d'un arc.

3 - cintrage et pose de la brague

La brague est cintrée au fer.

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Puis ajustée et collée... comme on peut ! Le cul de la caisse peut être raclé sélectivement pour faciliter la pose.

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Voilà une bonne chose de faite.

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2 - Luth, les cotes

Les cotes de notre luth sont en cerisier, avec quelques jolis nœuds. Un jeu comprend 13 cotes, dont une qui servira de brague (la pièce qui ferme le tout). Cela nous laisse 3 cotes en rab, au cas où.

1 - Débits

On commence par un rabotage à 1,8 mm. C'est laborieux mais c'est beau !

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Les côtes sont ensuite tracées à l'aide d'un gabarit puis débitées à la scie à ruban.

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2 - tasseaux

Oh ! et aussi, avant la pose, on aura pris le soin de garnir notre moule d'un tasseau de manche (vissé) et d'un tasseau bas, collé avec 2-3 couches de journal. Les deux sont en épicéa.

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3 - première cote

La pose de la première côte, au centre, est délicate et légèrement différente des suivantes. La côte, légèrement humidifiée, est tout d'abord mise en forme très exactement au fer à cintrer.

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Puis la cote est rabotée sur une varlope serrée dans l'étau à niveau de l'établi. On rabote les endroits où le bois porte sur la table. Deux conditions doivent être remplies : la cote doit porter sur toute sa longueur et ses extrémités doivent correspondre à la longueur du moule.

La lame du rabot peut utilement être réglée en biais, pour nous permettre d'adapter la profondeur de passe en cours de travail.

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Si tout se passe bien, la cote doit suivre les repères du moule. Il faut vérifier assez souvent : si c'est trop petit, la cote peut finir dans le poêle.

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Lorsque notre cote est prête à coller, on fore un petit trou...

IMGP2450__Small_.JPGOn encolle...

IMGP2451__Small_.JPGOn cloue...

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On tire bien la côte sur le moule...

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Puis on colle et cloue la cote sur le tasseau bas. Cette partie sera de toute façons recouverte par la brague.

IMGP2456__Small_.JPG4- cotes suivantes

Les cotes suivantes sont mises en forme de la même façon, à quelques différences prêt : le joint est adapté, non pas à notre plan de travail, mais à la cote voisine, puis amenée aux bonnes largeur et longueur.

La côte doit être présentée bien à plat, et être glissée contre sa voisine. On rabote ensuite là où le joint porte. Le joint doit être parfait sans forcer.

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Là, c'est bon.

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Une fois le joint réalisé, la cote est amenée aux bonnes longueurs et largeurs. On peut cette fois s'aider du plan de travail, mais aussi des repères du moule.

La côte est ensuite collée : tasseau de manche, joint et tasseau bas. Les deux cotes sont maintenues au ruban adhésif de masquage.

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En détail : on encolle 10 cm de joint, on scotche au bout puis on scotche à rebours toute la longueur encollée :

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Voilà, « y'a plus qu'à » répéter l'opération pour les 7 côtes suivantes pour finir la caisse, en espérant pouvoir en coller 2-3 par journée de travail (6 heures). Un luthier expérimenté en pose 5 dans le même temps.

Et de 3...

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Et de 4...

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A ce stade, la caisse a assez de rigidité et on peut scier les cotes après le tasseau de manche. Ne pas attendre d'avoir collé trop de cotes pour effectuer cette opération, ou le passage ne sera plus visible.

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On poursuit ensuite la pose des cotes, jusqu'à la neuvième.

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Après séchage, les éventuelles différences de niveau peuvent être reprises au racloir. Attention de ne pas trop amincir les cotes et surtout, ne pas arrondir les joints !

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La caisse est maintenant prête pour la pose de la brague.

1 - Luth, le moule

logo_luth.jpgLe moule du luth, totalement tridimensionnel, est un peu plus compliqué à réaliser.
Il se compose d'une plate-forme garnie de couples, munis de 9 côtés et taillés en biseau au bon angle du profil.

Le luth reste toutefois de conception assez simple puis qu'il est défini par une révolution à un point ; toutes les sections sont semi-circulaires, à la différence des instruments de taille plus importante, qui peuvent comporter 2 ou 3 points de révolution, pour un fond plus aplati, à section elliptique.

Deux parties amovibles sont prévues :

  • L'une à l'arrière, qui comporte une feuillure où sera collé le tasseau arrière (épicéa de 3 mm), le temps de la construction,
  • Une à l'avant, qui reçoit le tasseau de manche, vissé.

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1 - Réalisation des couples

Pour ce modèle de base, le travail de dessin nous est épargné. Le profil de la base et des couples est imprimé sur papier autocollant, reporté sur du CTP de 15 mm, débité et poncé précisément. 9 couples x 9 côtés = 81 surfaces à poncer nickel et d'équerre.

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2 - mise en forme et montage des couples

Chaque couple est biseauté à l'angle correspondant à l'orientation des cotes. Un peu long, sauf pour le couple central (le 5e sur la photo de droite) judicieusement posé à l'endroit de l'angle nul.

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A ce stade, 15 mm sont arasés de la base de chaque couple, correspondant à l'épaisseur de la plate-forme. Couples sont ensuite évidés et collés bien d'équerre. Une quille à mi-bois vient bien solidariser le tout.

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3 - Mise en forme de la plate-forme

Les bords de la plate-forme doivent être biseautés en suivant l'angle des couples. Pas de difficultés particulières pour cette opération.

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4 - parties amovibles

La partie avant recevra le tasseau de manche, vissé. Le dernier couple n'est pas biseauté pour éviter toute adhésion lors du collage des cotes sur le tasseau.

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La partie arrière est sculptée à l’œil jusqu'au point zéro, qui est notre axe de révolution. Pas une partie de plaisir, la sculpture sur contreplaquée ! Une feuillure de 3 x 18 mm est ensuite aménagée pour recevoir le tasseau bas.

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Détail des parties avant et arrière :

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5 - rotule

Pour faciliter le travail, notre moule est monté sur une plate-forme muni d'une rotule orientable, réalisée à partir des chutes de contreplaqué du moule.

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6 - Le moule fini

Une dernière vérification de l'alignement des arêtes à l'aide d'un gabarit...

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Et voilà. Bien 50 heures de travail, tout de même, et pas une seule pièce de luth pour le moment !

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3 - Martin #1, dos et éclisses

Le dos de la Martin n'offre aucune difficulté particulière. Dos et éclisses sont en zébrano, un bois assez délicat à raboter mais d'un dessin terriblement original.

1 - dos

La collage s'effectue selon la méthode "classique", qui a maintenant fait ses preuves. Le collage se fait à la "Titebond", la colle préférée du luthier en cordes acier.

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Le dos est ensuite raboté à 2,5 mm. Le zébrano peut être raboté perpendiculairement au fil, au rabot à recaler. La finition se fait au racloir. Les pouces prennent cher.

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Le dos est ensuite détouré à la scie à ruban à +3mm.

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Un couvre-joint en cèdre rouge est collé. Pour cette opération, le dos est forcé sur une contre-forme d'une flèche de 8 mm pour 50 cm. Notre dos est en effet géométriquement parlant une calotte de sphère d'un rayon d'environ 4 mètres. Pour la classique, c'est un peu plus subtil, on verra ça plus tard.

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Notre couvre-joint est ensuite mis en forme (arrondi) puis incisé pour laisser place aux barres de dos, que l'on a pris le soin de mettre également au rayon de notre moule sphérique.

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Puis les barres sont collées, encore sur notre moule :

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Et voilà un dos de fini !

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2 - les éclisses

Pas grand chose à dire, si ce n'est qu'elles sont amenées à 1,8 mm d'épaisseur. Elles seront cintrées et mises à épaisseur à la prochaine étape.

2 - Martin #1, table d'harmonie

logo_martin.jpgLa table d'harmonie de la Martin est réalisée de façon classique : jointage et collage des demi-tables, rabotage à épaisseur, incrustation de la rosace, pose du barrage.

1 - Collage et rabotage de la table

La table sera réalisée en cèdre rouge, un bois que je travaille pour la première fois. Ce bois a l'avantage d'être disponible en petites tables à 15 euros. Bon choix car entre une table explosée (littéralement : elle a fait "boum !") et une autre trop fine, j'ai du m'y reprendre à trois fois.

Les demi-tables sont rabotées simultanément sur une planche à jointer puis collées à la Titebond. La méthode utilisée provient de la facture "classique" : les demi-tables sont ficelées sur une planche puis plaquées à l'aide d'un coin. C'est étonnamment efficace, rapide et simple. J'étais un peu sceptique au départ, mais je suis devenu fan. (voir en comparaison la méthode utilisée pour la Grobert)

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La table est ensuite rabotée. Rien à signaler de particulier, le cèdre se laisse facilement travailler. En approchant la cote finale, les endroits où insister peuvent être repérés à l'aide de chiffres ou simplement à l'aide de traits.

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2 - incrustation de la rosace

La rosace, très simple pour ce premier modèle, est composée de filets pour violon en fibre, érable et poirier. On commence par relever l'épaisseur du motif.

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Puis on réalise une coupe d'essai sur une chute de table. La coupe est réalisée à l'aide de deux coupe-rosaces - un pour la découpe intérieure, l'autre pour l'extérieur - ce qui évite de devoir les régler sans cesse et changer le sens de la lame. La défonce est soigneusement évidée au ciseau ou à la gouge méplate, en commençant par réaliser un biseau au bord.

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La rosace doit s'insérer légèrement serré, mais sans forcer. Il ne faut pas hésiter à recommencer un essai, c'est rapide et permet de s'épargner des sueurs froides. Le bon réglage trouvé, la table peut être incisée. On peut enduire de colle la surface pour limiter les éclats. C'est un truc assez efficace et sécurisant.

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Les filets sont cintrés au fer pour faciliter leur mise en place.

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Ça rentre ? On colle !
Une légère mise sous presse peut être utile.

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Après séchage, la rosace doit être amenée au niveau de la table. Ce travail peut être dégrossi au rabot noisette avec prudence puis fini au racloir. Là aussi, attention de ne pas rayer la table. On pourra employer un racloir aux coins mouchés (arrondis), bien affûté.

Une fois ce travail terminé, l'ouïe est découpée (toujours un grand moment !) et la table détourée.

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3 - barrage de table

Le barrage est dessiné, débité et raboté.

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Les barres sont ensuite arrondies. En théorie, table et dos des guitares folks constituent, géométriquement parlant, des calottes de sphère. Les barres sont donc arrondies sur des formes au rayon correspondant : 2mm/50cm pour la table, soit une sphère de 15,6 m de rayon. Notre dos sera plus bombé, à 8mm/50cm, soit un rayon de 3,9 m.

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Le collage s'effectue sur ces mêmes formes, à l'aide d'un ciel de luthier.

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Les barres sont collées puis mises en forme au rabot. On les colle en deux fois, pour faciliter la mise en forme de celles qui, sinon, seraient inaccessibles.

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Les barres en X sont assemblées à mi-bois. Un petit patch vient renforcer la barre dont le mi-bois est ouvert.

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Encore un renfort de chevalet et notre table est terminée !

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1 - Martin #1, le moule

logo_martin.jpgLe moule de la Martin obéit à une conception différente: le corps sera monté indépendamment, puis le manche greffé par un tenon. Pas de fioritures, donc : forme intérieure toute simple.

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Deux détails : le système de fermeture et de calage des deux demi-moules à l'aide de chevilles. Simple, économique et efficace.

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Une nouvelle selle !

Une jolie Lepper Primus, aux puces de Bruxelles, 20 euros.
Le modèle se fait encore !

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La suite

Après la guitare de voyage, 3 nouveaux projets, menés de front :

1. Une classique très "classique", une Torres de 1864, dite FE19 ou La Suprema. Torres a - disons - synthétisé la guitare moderne en réunissant ce qui se faisait de plus novateur pour l'époque : corps large, barrage en éventail, table d'harmonie dépourvue de décoration sur les zones vibrantes. La Torrès sera en épicéa et érable ondé, le manche en acajou du Honduras très léger, et m'occupera mardi (13-19h) et samedi (10-18h).

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2. Une Martin #1, une folk américaine elle aussi très classique dans sa conception. Martin est un émigré allemand-américan originaire de Markneukirschen, le Crémone - ou le Mirecourt, selon - local. Après des modèles inspirés du romantisme autrichien (Style Stauffer), il a orienté sa production vers un nouveau modèle typiquement américain, à cordes métalliques, manche réglable et barrage en "X". Le modèle 1 a été produit de 1898 à 1927. La Martin #1 m'occupera mercredi, 13-21h (ma grosse journée) et jeudi, 13-20 heures. J'ai choisi des bois peu ordinaires pour ce modèle : cèdre rouge pour la table, un excentrique zébrano pour le corps, et un manche en érable très ondé.

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3. Un luth renaissance à 8 chœurs et 9 côtes de Wendelio Venere, ou Wendelin Tieffenbrucker, datant de 1584. La famille Tieffenbrucker, d'origine allemande et émigrée en Italie, a produit de nombreux instruments Renaissance. Le luth sera réalisé en poirier, cerisier et épicéa et m'occupera le vendredi, qui est ma petite journée, de 10 à 16 heures.

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Voilà, je posterai l'avancement des travaux par éléments, comme pour la guitare de voyage. La construction étant à la fois plus étalée et plus complexe, les posts seront un peu espacés que ces deux derniers mois. Je ferai de petits logos pour chacun des 3 instruments, pour que vous ne soyez pas trop perdus.

Crédits illustrations : Bossert pour le luth (refabrication), Nick Freeth pour les guitares.

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