3 - Luth, la brague

La brague est la pièce de bois cintrée venant renforcer la caisse au niveau du tasseau bas.

1 - tracé

Un morceau de bristol est mis en place, puis on trace le contour de la caisse et le milieu.

IMGP2968.JPG

On dépose le gabarit puis on repère la longueur de la brague et on reporte le dessin des pointes. Attention de prévoir 3 à 4 mm supplémentaires, car la caisse sera rognée d'autant au centre, pour la facilité de jeu.

IMGP2971.JPGIMGP2970.JPG

2 - débit de la brague

Une côte est soigneusement raclée et découpée au gabarit. Ne pas hésiter à la faire un peu mince, elle sera d'autant plus facile à plaquer sur le corps.

IMGP2966.JPGIMGP2972.JPG

IMGP2973.JPGIMGP2974.JPG

Note : le segment joignant les deux pointes côté caisse est, de manière surprenante, droit ; c'est le cintrage sur la caisse qui donnera l'impression d'un arc.

3 - cintrage et pose de la brague

La brague est cintrée au fer.

IMGP2975.JPG
Puis ajustée et collée... comme on peut ! Le cul de la caisse peut être raclé sélectivement pour faciliter la pose.

IMGP2980.JPG

Voilà une bonne chose de faite.

IMGP3017.JPG

2 - Luth, les cotes

Les cotes de notre luth sont en cerisier, avec quelques jolis nœuds. Un jeu comprend 13 cotes, dont une qui servira de brague (la pièce qui ferme le tout). Cela nous laisse 3 cotes en rab, au cas où.

1 - Débits

On commence par un rabotage à 1,8 mm. C'est laborieux mais c'est beau !

IMGP1952__Small_.JPGIMGP2108__Small_.JPG

Les côtes sont ensuite tracées à l'aide d'un gabarit puis débitées à la scie à ruban.

IMGP2113__Small_.JPGIMGP2335__Small_.JPG

2 - tasseaux

Oh ! et aussi, avant la pose, on aura pris le soin de garnir notre moule d'un tasseau de manche (vissé) et d'un tasseau bas, collé avec 2-3 couches de journal. Les deux sont en épicéa.

IMGP1950__Custom_.JPGIMGP1948__Custom_.JPG

3 - première cote

La pose de la première côte, au centre, est délicate et légèrement différente des suivantes. La côte, légèrement humidifiée, est tout d'abord mise en forme très exactement au fer à cintrer.

IMGP2337__Small_.JPG

Puis la cote est rabotée sur une varlope serrée dans l'étau à niveau de l'établi. On rabote les endroits où le bois porte sur la table. Deux conditions doivent être remplies : la cote doit porter sur toute sa longueur et ses extrémités doivent correspondre à la longueur du moule.

La lame du rabot peut utilement être réglée en biais, pour nous permettre d'adapter la profondeur de passe en cours de travail.

IMGP2340__Small_.JPG

IMGP2339__Small_.JPG

Si tout se passe bien, la cote doit suivre les repères du moule. Il faut vérifier assez souvent : si c'est trop petit, la cote peut finir dans le poêle.

IMGP2349__Small_.JPG

Lorsque notre cote est prête à coller, on fore un petit trou...

IMGP2450__Small_.JPGOn encolle...

IMGP2451__Small_.JPGOn cloue...

IMGP2454__Small_.JPG
On tire bien la côte sur le moule...

IMGP2455__Small_.JPG

Puis on colle et cloue la cote sur le tasseau bas. Cette partie sera de toute façons recouverte par la brague.

IMGP2456__Small_.JPG4- cotes suivantes

Les cotes suivantes sont mises en forme de la même façon, à quelques différences prêt : le joint est adapté, non pas à notre plan de travail, mais à la cote voisine, puis amenée aux bonnes largeur et longueur.

La côte doit être présentée bien à plat, et être glissée contre sa voisine. On rabote ensuite là où le joint porte. Le joint doit être parfait sans forcer.

IMGP2457__Small_.JPGIMGP2458__Small_.JPG

Là, c'est bon.

IMGP2460__Small_.JPG
Une fois le joint réalisé, la cote est amenée aux bonnes longueurs et largeurs. On peut cette fois s'aider du plan de travail, mais aussi des repères du moule.

La côte est ensuite collée : tasseau de manche, joint et tasseau bas. Les deux cotes sont maintenues au ruban adhésif de masquage.

IMGP2461__Small_.JPG

En détail : on encolle 10 cm de joint, on scotche au bout puis on scotche à rebours toute la longueur encollée :

IMGP2462__Small_.JPGIMGP2463__Small_.JPG

IMGP2464__Small_.JPG

Voilà, « y'a plus qu'à » répéter l'opération pour les 7 côtes suivantes pour finir la caisse, en espérant pouvoir en coller 2-3 par journée de travail (6 heures). Un luthier expérimenté en pose 5 dans le même temps.

Et de 3...

luth-cote3.JPG
Et de 4...

luth-cote4.JPG

A ce stade, la caisse a assez de rigidité et on peut scier les cotes après le tasseau de manche. Ne pas attendre d'avoir collé trop de cotes pour effectuer cette opération, ou le passage ne sera plus visible.

sciage-cotes-au-tasseau.JPG

On poursuit ensuite la pose des cotes, jusqu'à la neuvième.

IMGP2773.JPG
Après séchage, les éventuelles différences de niveau peuvent être reprises au racloir. Attention de ne pas trop amincir les cotes et surtout, ne pas arrondir les joints !

IMGP2964.JPG
La caisse est maintenant prête pour la pose de la brague.

3 - Martin #1, dos et éclisses

Le dos de la Martin n'offre aucune difficulté particulière. Dos et éclisses sont en zébrano, un bois assez délicat à raboter mais d'un dessin terriblement original.

1 - dos

La collage s'effectue selon la méthode "classique", qui a maintenant fait ses preuves. Le collage se fait à la "Titebond", la colle préférée du luthier en cordes acier.

IMGP1375.JPG

Le dos est ensuite raboté à 2,5 mm. Le zébrano peut être raboté perpendiculairement au fil, au rabot à recaler. La finition se fait au racloir. Les pouces prennent cher.

IMGP1377.JPG

Le dos est ensuite détouré à la scie à ruban à +3mm.

IMGP1470.JPG

Un couvre-joint en cèdre rouge est collé. Pour cette opération, le dos est forcé sur une contre-forme d'une flèche de 8 mm pour 50 cm. Notre dos est en effet géométriquement parlant une calotte de sphère d'un rayon d'environ 4 mètres. Pour la classique, c'est un peu plus subtil, on verra ça plus tard.

IMGP1474.JPG

Notre couvre-joint est ensuite mis en forme (arrondi) puis incisé pour laisser place aux barres de dos, que l'on a pris le soin de mettre également au rayon de notre moule sphérique.

IMGP1476.JPGIMGP1477.JPG

Puis les barres sont collées, encore sur notre moule :

IMGP1478.JPG

Et voilà un dos de fini !

IMGP1677.JPG

2 - les éclisses

Pas grand chose à dire, si ce n'est qu'elles sont amenées à 1,8 mm d'épaisseur. Elles seront cintrées et mises à épaisseur à la prochaine étape.

2 - Torres, table d'harmonie

logo_torres.jpgLa table de la classique diffère principalement de celle de la folk par son épaisseur moindre (2,3 au lieu de 3 mm) et son barrage fin en éventail. Deux différences encore, mais qui relèvent cette fois-ci d'un choix dans la réalisation : la table sera en épicéa, un bois que l'on commence à bien connaître, et la rosace sera réalisée à part, puis incrustée dans la table.

1 - collage et rabotage de la table

Que du classique ! On jointe, on colle, on rabote jusqu'à 2,3 mm.

table_guitare_classique_1.JPGtable_guitare_classique_49.JPG

Notre morceau d'épicéa a une coupe un peu étrange mais présente de jolis dessins qui se révèleront au vernis.

table_guitare_classique_2.JPG

2 - réalisation de la rosace

Contrairement à celle de la Martin, qui est simple et pouvait être montée directement dans la défonce, la rosace de la classique est montée à part. Elle se compose d'une trentaine de placages d'ébène, érable ondé (sur dosse, pour que la tranche soit ondée) et acajou de 3, 5 et 9/10 mm. Un exemple, réalisé pendant les portes ouvertes de 2005, est exposé dans une vitrine à l'entrée de l'école :

IMGP1490.JPG

Les placages (5 à 6/10 mm) sont d'abord découpés en bandes de 16 mm à la scie à placage (on reparlera de son affûtage particulier) puis amenés à bonne épaisseur à la filière à placage (on en reparlera aussi).

table_guitare_classique_4.JPGtable_guitare_classique_5.JPG

Nos filets sont ensuite collés à la colle chaude sur un disque en PVC de 16 mm d'épaisseur et 91 mm de diamètre et serrés à l'aide de cerclages en clinquant inox, incrémentés tous les 5 mm de périmètre. La colle est préparée assez épaisse et réchauffée après la pose, un filet à la fois et pas plus de 4 par jour. Patience !

table_guitare_classique_6.JPGtable_guitare_classique_7.JPG

Après démoulage, notre rosace ressemble à un gros gâteau, qu'il suffit de couper en tranches de 1,5~2 mm à la scie japonaise montée sur gabarit.

table_guitare_classique_11.JPGtable_guitare_classique_12.JPG

table_guitare_classique_13.JPG
La méthode est laborieuse mais on se prépare de quoi garnir 5 à 6 guitares. Mieux vaut ne pas se rater.

3 - incrustation de la rosace

Tout d'abord, un peu de ménage : on détoure la table à la scie à ruban. Se garder de jeter les chutes qui resserviront.

D'ailleurs, de manière générale, ne rien jeter du tout.

table_guitare_classique_8.JPGtable_guitare_classique_9.JPG

La méthode employée est assez prudente puisque l'on commence par effectuer une défonce 1 mm plus petite que la taille de la rosace. Attention ! cela veut dire qu'on retire 1 mm au rayon extérieur, mais qu'on en rajoute un au rayon intérieur !

table_guitare_classique_15.JPGtable_guitare_classique_16.JPG

C'est fin !

table_guitare_classique_17.JPG

Note : le petit trou visible à gauche est une coquille, on s'en occupera une fois la rosace terminée.

Le fond de la défonce peut être égalisé à l'aide d'un petit racloir circulaire. Ce n'est pas de la coquetterie mais évite d'avoir de fortes épaisseurs de colle chaude, ce qui risquerait de déformer la table.

table_guitare_classique_18.JPG
Ce n'est qu'à ce moment que la défonce est amenée à ses bonnes dimensions extérieures et intérieures. On emploie, comme pour la Martin, deux coupe-rosaces et on fera autant d'essais qu'il faudra pour que la rosace rentre légèrement à force.

table_guitare_classique_21.JPGtable_guitare_classique_22.JPG

table_guitare_classique_23.JPG

La rosace est collée à la colle chaude, quelques épaisseurs de journal permettront de rattraper les différences d'épaisseurs et d'éviter de déformer la table.

table_guitare_classique_24.JPGtable_guitare_classique_25.JPG

Après un temps de séchage généreux, la rosace peut être rabotée (en faisant attention) et amenée à niveau au racloir parfaitement affûté. Attention de ne pas rayer la table ni creuser ou marquer la rosace !

table_guitare_classique_27.JPGtable_guitare_classique_28.JPG

table_guitare_classique_29.JPG
4 - petite réparation sur la table

Lors du perçage du pivot du coupe-rosace, un irrépressible élan d'enthousiasme m'a fait confondre repères de bord et centre d'ouïe, d'où ce petit trou pas trop mal placé, puisque sous la touche. Mais le trou sera coupé en deux par la tranche de l'ouïe.

Après avoir retourné le problème dans tous les sens, on décide de prélever un bout de table dans l'ouïe et de l'encastrer à la place du trou. Cette réparation présentera ainsi le même bois, dans le même sens, ce qui limitera au maximum sa visibilité. L'ouïe sera découpée ensuite.

On trace.

table_guitare_classique_30.JPGtable_guitare_classique_31.JPG

On entaille.

table_guitare_classique_32.JPGtable_guitare_classique_33.JPG

La pièce prête au collage :

table_guitare_classique_34.JPG
Après mise sous presse et séchage, vue dessus-dessous :

table_guitare_classique_37.JPGtable_guitare_classique_38.JPG

Découpe de l'ouïe à 85 mm... suspense !

table_guitare_classique_39.JPGtable_guitare_classique_40.JPG

La réparation se fait discrète. Ouf !

table_guitare_classique_41.JPG

5 - retouche des épaisseurs

On reprend quelques zones un peu épaisses pour les amener à 2,3 mm. On en profite pour faire disparaître un petit éclat à l'extérieur. Passes minimales et affûtage rasoir pour ce travail en face de parement !

table_guitare_classique_42.JPGtable_guitare_classique_43.JPG

A ce stade, la table "plate" est terminée. Reste à débiter, coller et façonner le barrage.

6 - débit du barrage

Le barrage est en épicéa, fil perpendiculaire à la table. Deux morceaux de table (souvenez-vous, les chutes !) viennent renforcer le dessous de la rosace. Il s'agit d'une des quelques libertés prises par rapport au dessin de Torres qui prévoit deux barres et un renfort de rosace rond, prévu pour l'insertion d'un tornavoz, cône de métal supposé améliorer la projection du son et abandonné depuis.

table_guitare_classique_3.JPG

7 - collage du barrage

La plate-forme de montage est creusée de la rosace jusqu'au tasseau bas. Les barres en éventail seront donc collées sous contrainte pour bomber la table.

Tous les collages sont faits à la colle chaude après avoir préchauffé localement la table. Un peu plus délicat à utiliser que la Titebond, mais au moins, les barres ne glisseront pas au collage. Je vous assure que c'est un sacré plus !

Collage des barres de renfort de rosace :

table_guitare_classique_45.JPG
Collage des barres, suite :

table_guitare_classique_46.JPGtable_guitare_classique_47.JPG

table_guitare_classique_48.JPG

Les barres en éventail sont mises à épaisseur : 3,5 mm pour celle du centre, 3,5 pour celles du bord, épaisseur mesurée au milieu de la barre, qui est, rappelons le, courbe, à cause du creusage de la solera. Elle sera donc moins épaisse aux extrémités.

classic_soundboard_4.JPG

Les barres sont ensuite formées "en toit" à la noisette plate, puis arrondies et polies.

classic_soundboard_5.JPGclassic_soundboard_1.JPG

Puis les extrémités sont biseautées.

classic_soundboard_2.JPG

On peut enfin coller les dernières barres : la transversale sous l'ouïe (arrondie pour respecter le galbe de la table) et les deux fines venant fermer l'éventail en bas.

classic_soundboard_3.JPG

Les dernières barres sont mises en forme.

IMGP2034.jpgIMGP2035.jpg

Puis les extrémités de barres transversales biseautées, à 7 mm pour celles encadrant la rosace, 4 mm pour celle du haut.

IMGP2119.jpg

Enfin, la table est rabotée, proprement et bien d'équerre, au niveau de la frette 12, et notre table mise de côté jusqu'à l'assemblage.

IMGP2274.jpg

Une nouvelle selle !

Une jolie Lepper Primus, aux puces de Bruxelles, 20 euros.
Le modèle se fait encore !

primus_2.jpg

primus_1.jpg

2 - Martin #1, table d'harmonie

logo_martin.jpgLa table d'harmonie de la Martin est réalisée de façon classique : jointage et collage des demi-tables, rabotage à épaisseur, incrustation de la rosace, pose du barrage.

1 - Collage et rabotage de la table

La table sera réalisée en cèdre rouge, un bois que je travaille pour la première fois. Ce bois a l'avantage d'être disponible en petites tables à 15 euros. Bon choix car entre une table explosée (littéralement : elle a fait "boum !") et une autre trop fine, j'ai du m'y reprendre à trois fois.

Les demi-tables sont rabotées simultanément sur une planche à jointer puis collées à la Titebond. La méthode utilisée provient de la facture "classique" : les demi-tables sont ficelées sur une planche puis plaquées à l'aide d'un coin. C'est étonnamment efficace, rapide et simple. J'étais un peu sceptique au départ, mais je suis devenu fan. (voir en comparaison la méthode utilisée pour la Grobert)

soundboard_martin_32.JPGsoundboard_martin_1.JPG

La table est ensuite rabotée. Rien à signaler de particulier, le cèdre se laisse facilement travailler. En approchant la cote finale, les endroits où insister peuvent être repérés à l'aide de chiffres ou simplement à l'aide de traits.

soundboard_martin_2.JPGsoundboard_martin_3.JPG

soundboard_martin_4.JPG

2 - incrustation de la rosace

La rosace, très simple pour ce premier modèle, est composée de filets pour violon en fibre, érable et poirier. On commence par relever l'épaisseur du motif.

soundboard_martin_7.JPG

Puis on réalise une coupe d'essai sur une chute de table. La coupe est réalisée à l'aide de deux coupe-rosaces - un pour la découpe intérieure, l'autre pour l'extérieur - ce qui évite de devoir les régler sans cesse et changer le sens de la lame. La défonce est soigneusement évidée au ciseau ou à la gouge méplate, en commençant par réaliser un biseau au bord.

soundboard_martin_8.JPGsoundboard_martin_9.JPG

soundboard_martin_10.JPG
La rosace doit s'insérer légèrement serré, mais sans forcer. Il ne faut pas hésiter à recommencer un essai, c'est rapide et permet de s'épargner des sueurs froides. Le bon réglage trouvé, la table peut être incisée. On peut enduire de colle la surface pour limiter les éclats. C'est un truc assez efficace et sécurisant.

soundboard_martin_14.JPGsoundboard_martin_15.JPG

Les filets sont cintrés au fer pour faciliter leur mise en place.

soundboard_martin_12.JPGsoundboard_martin_13.JPG

Ça rentre ? On colle !
Une légère mise sous presse peut être utile.

soundboard_martin_16.JPGsoundboard_martin_17.JPG

Après séchage, la rosace doit être amenée au niveau de la table. Ce travail peut être dégrossi au rabot noisette avec prudence puis fini au racloir. Là aussi, attention de ne pas rayer la table. On pourra employer un racloir aux coins mouchés (arrondis), bien affûté.

Une fois ce travail terminé, l'ouïe est découpée (toujours un grand moment !) et la table détourée.

soundboard_martin_19.JPGsoundboard_martin_21.JPG

soundboard_martin_22.JPG

3 - barrage de table

Le barrage est dessiné, débité et raboté.

soundboard_martin_23.JPGsoundboard_martin_5.JPG

soundboard_martin_6.JPG

Les barres sont ensuite arrondies. En théorie, table et dos des guitares folks constituent, géométriquement parlant, des calottes de sphère. Les barres sont donc arrondies sur des formes au rayon correspondant : 2mm/50cm pour la table, soit une sphère de 15,6 m de rayon. Notre dos sera plus bombé, à 8mm/50cm, soit un rayon de 3,9 m.

soundboard_martin_18.JPG
Le collage s'effectue sur ces mêmes formes, à l'aide d'un ciel de luthier.

soundboard_martin_24.JPG

Les barres sont collées puis mises en forme au rabot. On les colle en deux fois, pour faciliter la mise en forme de celles qui, sinon, seraient inaccessibles.

soundboard_martin_25.JPGsoundboard_martin_26.JPG

Les barres en X sont assemblées à mi-bois. Un petit patch vient renforcer la barre dont le mi-bois est ouvert.

soundboard_martin_27.JPGsoundboard_martin_28.JPG

soundboard_martin_29.JPG

Encore un renfort de chevalet et notre table est terminée !

soundboard_martin_30.JPG

soundboard_martin_31.JPG

1 - luth, le moule

logo_luth.jpgLe moule du luth, totalement tridimensionnel, est un peu plus compliqué à réaliser.
Il se compose d'une plate-forme garnie de couples, munis de 9 côtés et taillés en biseau au bon angle du profil.

Le luth reste toutefois de conception assez simple puis qu'il est défini par une révolution à un point ; toutes les sections sont semi-circulaires, à la différence des instruments de taille plus importante, qui peuvent comporter 2 ou 3 points de révolution, pour un fond plus aplati, à section elliptique.

Deux parties amovibles sont prévues :

  • L'une à l'arrière, qui comporte une feuillure où sera collé le tasseau arrière (épicéa de 3 mm), le temps de la construction,
  • Une à l'avant, qui reçoit le tasseau de manche, vissé.

schema_moule_luth.jpg

1 - Réalisation des couples

Pour ce modèle de base, le travail de dessin nous est épargné. Le profil de la base et des couples est imprimé sur papier autocollant, reporté sur du CTP de 15 mm, débité et poncé précisément. 9 couples x 9 côtés = 81 surfaces à poncer nickel et d'équerre.

moule_luth_1.JPGmoule_luth_2.JPG

moule_luth_3.JPG

2 - mise en forme et montage des couples

Chaque couple est biseauté à l'angle correspondant à l'orientation des cotes. Un peu long, sauf pour le couple central (le 5e sur la photo de droite) judicieusement posé à l'endroit de l'angle nul.

moule_luth_6.JPGmoule_luth_8.JPG

A ce stade, 15 mm sont arasés de la base de chaque couple, correspondant à l'épaisseur de la plate-forme. Couples sont ensuite évidés et collés bien d'équerre. Une quille à mi-bois vient bien solidariser le tout.

moule_luth_9.JPGmoule_luth_10.JPG

moule_luth_11.JPG
3 - Mise en forme de la plate-forme

Les bords de la plate-forme doivent être biseautés en suivant l'angle des couples. Pas de difficultés particulières pour cette opération.

moule_luth_14.JPGmoule_luth_15.JPG

4 - parties amovibles

La partie avant recevra le tasseau de manche, vissé. Le dernier couple n'est pas biseauté pour éviter toute adhésion lors du collage des cotes sur le tasseau.

moule_luth_17.JPG

La partie arrière est sculptée à l’œil jusqu'au point zéro, qui est notre axe de révolution. Pas une partie de plaisir, la sculpture sur contreplaquée ! Une feuillure de 3 x 18 mm est ensuite aménagée pour recevoir le tasseau bas.

moule_luth_16.JPGmoule_luth_18.JPG

Détail des parties avant et arrière :

IMGP1885.JPGIMGP1886.JPG

5 - rotule

Pour faciliter le travail, notre moule est monté sur une plate-forme muni d'une rotule orientable, réalisée à partir des chutes de contreplaqué du moule.

moule_luth_4.JPGmoule_luth_5.JPG

6 - Le moule fini

Une dernière vérification de l'alignement des arêtes à l'aide d'un gabarit...

IMGP1883.JPG

Et voilà. Bien 50 heures de travail, tout de même, et pas une seule pièce de luth pour le moment !

IMGP1884.JPG

1 - Martin #1, le moule

logo_martin.jpgLe moule de la Martin obéit à une conception différente: le corps sera monté indépendamment, puis le manche greffé par un tenon. Pas de fioritures, donc : forme intérieure toute simple.

IMGP1839.JPG

Deux détails : le système de fermeture et de calage des deux demi-moules à l'aide de chevilles. Simple, économique et efficace.

IMGP1840.JPGIMGP1841.JPG

1 - Torres, le moule

logo_torres.jpgLe moule est réalisé en 2 parties : un moule d'éclisses proprement dit et une plate-forme de montage. Si le rôle du moule d'éclisses est assez évident, la plate-forme, ou solera, remplit 2 rôles : définir le galbe de la table et donner l'alignement correct, ou l'angle s'il y en a un, du manche et du corps.

Cette méthode combine une méthode plutôt moderne et très sécurisante (le moule d'éclisses) et une de tradition espagnole (la solera, sur laquelle les éclisses peuvent aussi être directement montées). La méthode traditionnelle française se rapproche de la lutherie du violon et utilise volontiers un moule intérieur (voir fabrication de la Grobert).

1. le moule d'éclisses

Le moule d'éclisses est réalisé à partir d'un sandwich de 4 plaques de CTP 18 mm de 500x600.

moule_torres_1.JPGmoule_torres_2.JPG

Pas de difficultés particulières pour la suite de la réalisation : on coupe, on trace la forme et on ménage un passage pour le manche.

moule_torres_4.JPGmoule_torres_5.JPG

moule_torres_6.JPGmoule_torres_7.JPG

Une feuillure de 5x10 mm environ est réalisée à la défonceuse sur l'un des contours pour permettre le passage de la table, qui n'est arasée qu'après collage des éclisses.

2. la plate-forme

La plate-forme est réalisé en panneau de fibres bien costaud. Elle est renforcée par deux tasseaux assemblés à mi-bois. Le moule d'éclisses et la plate-forme sont ensuite solidarisés par un chevillage amovible.

moule_torres_8.JPGmoule_torres_9.JPG

moule_torres_10.JPGmoule_torres_12.JPG

La solera est enfin creusée au rabot noisette et au racloir pour former le galbe de la table, d'une profondeur de 2,5 à 3 mm, maximale sous le chevalet :

moule_torres_11.JPGmoule_torres_13.JPG

Sur ce modèle, le manche est incliné vers la table de 2mm au niveau de la tête ; cette inclinaison est donnée au rabot :

IMGP2271.JPG
Plus tard, la solera sera complétée par deux supports : l'un pour le manche, l'autre pour le maintien de la table. La barre du bas est formée de lattes collées et forcées au galbe du moule et dispose de passages ménagés pour les barres en éventail. Le plus simple sera de les faire au moment d'assembler manche et table.

moule_clamp.jpg
Et voilà !

La suite

Après la guitare de voyage, 3 nouveaux projets, menés de front :

1. Une classique très "classique", une Torres de 1864, dite FE19 ou La Suprema. Torres a - disons - synthétisé la guitare moderne en réunissant ce qui se faisait de plus novateur pour l'époque : corps large, barrage en éventail, table d'harmonie dépourvue de décoration sur les zones vibrantes. La Torrès sera en épicéa et érable ondé, le manche en acajou du Honduras très léger, et m'occupera mardi (13-19h) et samedi (10-18h).

IMGP1769.JPG

2. Une Martin #1, une folk américaine elle aussi très classique dans sa conception. Martin est un émigré allemand-américan originaire de Markneukirschen, le Crémone - ou le Mirecourt, selon - local. Après des modèles inspirés du romantisme autrichien (Style Stauffer), il a orienté sa production vers un nouveau modèle typiquement américain, à cordes métalliques, manche réglable et barrage en "X". Le modèle 1 a été produit de 1898 à 1927. La Martin #1 m'occupera mercredi, 13-21h (ma grosse journée) et jeudi, 13-20 heures. J'ai choisi des bois peu ordinaires pour ce modèle : cèdre rouge pour la table, un excentrique zébrano pour le corps, et un manche en érable très ondé.

IMGP1775.JPG

3. Un luth renaissance à 8 chœurs et 9 côtes de Wendelio Venere, ou Wendelin Tieffenbrucker, datant de 1584. La famille Tieffenbrucker, d'origine allemande et émigrée en Italie, a produit de nombreux instruments Renaissance. Le luth sera réalisé en poirier, cerisier et épicéa et m'occupera le vendredi, qui est ma petite journée, de 10 à 16 heures.

luth.jpg

Voilà, je posterai l'avancement des travaux par éléments, comme pour la guitare de voyage. La construction étant à la fois plus étalée et plus complexe, les posts seront un peu espacés que ces deux derniers mois. Je ferai de petits logos pour chacun des 3 instruments, pour que vous ne soyez pas trop perdus.

Crédits illustrations : Bossert pour le luth (refabrication), Nick Freeth pour les guitares.

Alésages coniques en lutherie

Une petite étude maison, rédigée à l'école, pour tous ceux qui, comme moi n'y comprennent rien aux cônes et aux lousses. Également disponible en pdf, en français et néerlandais, pour lire dans le train.

Outillage et nomenclature

0001-2923gm.jpgLes alésages coniques constituent un moyen simple et économique d'insertion et de maintien de pièces de bois tournées en lutherie : chevilles d'accord, chevilles de chevalet, pique ou bouton.

Les alésages sont pratiqués à l'aide d'un alésoir conique appelé lousse, dont la conicité est indiquée en fractions : 1/15, 1/20 ou 1/30 par exemple. La désignation comprend également les diamètres mini et maxi de l'outil, par exemple « 1/30 – 4 – 7,5 mm ».

Cette fraction correspond à un accroissement de diamètre rapporté à la longueur. Ainsi, un cône s'accroissant de 1 mm tous les 20 mm est un cône de 1/20 ou 5%.
conicite.pngLa pente correspond, elle, à la moitié de la conicité ou à un accroissement du rayon, exprimée également en % ou en fraction : 0,5/20=1/40 ou 2,5%.
conicite2.pngLa pente correspond à la tangente du demi-angle au sommet : pente = tan alpha et alpha = atan (pente).
L'angle beta de la lousse est donc égal à beta = 2.alpha = 2.atan(pente).
lousse2.png
On peut ainsi en déduire les angles au sommet des lousses usuelles en facture des instruments à cordes pincées et frottées.

Lousse

Conicité

angle au sommet

Utilisations et diamètre d'outil

-

-

Chevilles de chevalet folk, notamment Gibson et Gurian

-

-

Chevilles de chevalet Martin et anciennes folks

1/15

6,67%

1,91°

Chevilles et bouton de guitare classique (6 – 12,5 mm)

1/17

5,88%

1,68°

Piques de violoncelle (15-27 mm) et de contrebasse (23-36mm ou 33-46 mm pour les trous chemisés)

1/20

5,00%

1,43°

Chevilles de violon et alto anciens (3,5 à 10 mm)

1/25

4,00%

1,15°

Chevilles de violoncelle (8-16 mm)
Chevilles de luth, viole et violons anciens (4-12 mm)

1/30

3,33%

0,95°

Chevilles de violon et alto
(standard : 5,5 à 10 mm et petites tailles : 4 à 7,5 mm)



Ces données peuvent être utiles pour :
  • comparer les outils de différents fabricants, y compris les fournisseurs de matériel non spécifique à la lutherie,
  • confectionner de petites équerres de guidage de la lousse,
  • fabriquer soi-même au tour des chevilles, piques ou inserts à l'angle correct.
Chemisage d'alésage conique

insert_flamenco.pngLe chemisage consiste à insérer à demeure un cylindre de bois dans lequel est pratiqué le trou de cheville.
Le chemisage d'un alésage conique s'effectue : en réparation (trou ovalisé ou agrandi par l'usure), par un bois identique au manche, ou d'origine, par un bois dur, pour prévenir l'usure du bois tendre de la tête (insert de buis dans une tête de guitare flamenco en cèdre, par exemple).

Dans le cas de la rugzakgitaar, l'alésage des deux premières chevilles d'accord (Mi grave et aigu) a été défectueux, de biais pour l'un, trop profond pour l'autre.
Le défaut d'usinage a été accentué par un pré-perçage de diamètre trop petit (6mm), n'assurant pas le guidage correct de l'outil.
chevilles_de_travers.png
Deux solutions étaient possibles : le remplacement des chevilles par un modèle plus large ou le chemisage des trous.
La première solution entraînant une mise au rebut de matériel et un écart par rapport au plan, un chemisage a été préféré.

Confection des inserts

Le bois utilisé pour les inserts provient des chutes de profilage du manche en érable. Les chutes sont d'abord délignées à la scie à ruban en carrelets d'un petit centimètre d'épaisseur.
carrelets1.png
Une extrémité du carrelet est grossièrement arrondie à la ponceuse stationnaire ou à la râpe. L'autre extrémité reçoit, elle, un centre effectué au foret à centrer.
carrelets2.png
Le carrelet peut à ce stade être monté en mixte (mandrin et pointe tournante) sur le tour et charioté jusqu'à petite distance du mandrin. Un outil en acier HSS pour le travail du métal, bien affûté, convient.
carrelets3.png
Le carrelet est ensuite retourné dans le mandrin et une dernière passe à l'outil permet d'obtenir un cylindre parfait.
carrelets4.pngLe carrelet est ensuite remonté à l'endroit, le centre contre la pointe tournante. Le chariot est orienté à la bonne pente (demi-angle correspondant à la lousse) puis une série de chevilles peut être taillée, de diamètres variables.
carrelets5.png
carrelets6.png
Plusieurs inserts peuvent être usinés dans un carrelet. Une finition à la planchette abrasive, tour en marche, peut être effectuée. Ils sont ensuite simplement séparés à la scie fine.

inserts_chevilles.JPG

Les inserts doivent être ajustés : en conicité (aucun jeu ne doit apparaître d'un côté ou de l'autre du trou à reprendre), en longueur (prévoir au montage à blanc un dépassement de l'insert de 2~3 mm, le film de colle limitant leur pénétration).
Les inserts, s'ils ne sont pas parfaitement ajustés, peuvent être repris au taille-cheville.
Si aucun taille-cheville n'est disponible et si la tête peut être replaquée, l'insert pourra être réalisé avec une conicité légèrement plus importante, éliminant tout jeu du côté visible de la réparation.

carrelets8.png
L'alésage défectueux doit être alésé très proprement, pas plus profondément que nécessaire, à la lousse.
Les inserts étant parfaitement ajustés, un film de colle minimal est normalement suffisant.
L'insertion doit se faire rapidement et sous pression.
Le maintien d'une pression au séchage ne semble pas nécessaire.
Après séchage, les inserts sont arasés sur les deux faces de l'alésage ; un placage peut être collé sur la tête si l'esthétique du montage le nécessite.

Le repérage des trous doit être soigneux surtout si d'autres trous ont déjà été perçés.

reparation_thuya.JPGraparation.JPG

Alesage.JPGAlesage_2.JPG

Amélioration


Les inserts apparaîtront en bois de bout, légèrement plus foncé que le bois de fil utilisé pour le manche.
Cela n'est pas gênant si le reperçage est parfaitement coaxial : l'insert apparaît alors sous la forme d'un disque entourant la cheville. Dans le cas d'un montage d'origine en buis, cela permet d'attester discrètement du soin porté à la réalisation du chevillage.
En réparation, une amélioration possible consisterait à fabriquer des inserts en bois de fil ou composites.

Sources documentaires

Catalogues Herdim / Dick et Stewart Mac Donalds, serge79.over-blog.com – tournage conique, utilisation d'un cône, Complete guitar repair, Hideo Kamimoto, éditions Oak publications.

11 - rugzakgitaar, ponçage et vernis

La guitare est prête à être poncée et vernie. Quelques photos sur le parking du CMB :

travel_guitar.JPG
rugzakgitaar.JPG
ruckzackgitar.JPGrosace_guitare_voyage.JPG

chevalet_guitare_voyage.JPGtete_guitare_voyage.JPG

Ponçage

Le ponçage se fait au papier de verre, jusqu'au grain 400, pas au delà pour ne pas "boucher" les pores du bois.
On passe ensuite une éponge mouillée à l'eau chaude sur l'ensemble de la surface. L'eau va relever les fibres arrachées, qui seront éliminées, après séchage complet, au papier abrasif gr. 400.

Vernis

rustin_danish_oil.jpgPas de vernis compliqué : la guitare de voyage se contente de quelques couches de Danish Oil, une huile siccative au packaging délicieusement rétro, simplement appliquée au tampon, à raison d'une couche toutes les 24-48 heures. Un ponçage au 400 avant la sixième et dernière couche.

Le résultat, contrairement à ce que je craignais, est joliment satiné et tout à fait dur. Le séchage est, comme d'habitude, un peu plus long sur le placage de tête en racine de thuya.

atelier_baie_vitree.JPG
Ça sèche... Patience !


10 - rugzakgitaar, réglage des cordes

L'écartement des cordes au chevalet a déjà été fixé.

Il reste donc à régler, dans l'ordre :

  • l'écartement au sillet,
  • la hauteur au sillet (contrôlée à la frette 1, cordes plaquées sur la frette 12),
  • la hauteur au chevalet (contrôlée à la frette 12, sillet réglé),
  • La compensation du diapason, déterminée empiriquement.

Écartement au sillet

reglage_ecartement_sillet.jpgL'écartement extrême des cordes s'obtient en laissant à nos cordes de Mi 4 mm de longueur de frette jouable à la 1ère frette. En retranchant un demi-diamètre de cordes, on obtient l'entraxe que l'on marque à la lime tiers-point sur le sillet.

Cet entraxe est ensuite divisé en 5 pour obtenir la position des 6 cordes. Le luthier "classique" ne s’embarrasse pas plus.

Le luthier "folk", lui, préfère des espacements égaux, plutôt que des entraxes, ce qui demande un peu plus de calculs. On en en déjà parlé ici et c'est très bien expliqué . On y reviendra surement en attaquant la guitare suivante, une Martin 1.

IMGP1289.JPG

hauteur au sillet

La hauteur des cordes au sillet doit se faire indépendamment de la hauteur du chevalet, qui est pour le moment simplement ébauché. On règle donc la hauteur des cordes à la première frette, à l'aide d'une règle prismatique posée sur la 12e frette. La hauteur à la première frette est vérifiée à l'aide de cales d'épaisseur. Une opération qui n'est pas sans rappeler le réglage des soupapes sur la Guzzi.

reglage_sillet.JPG
Une rectification sera surement nécessaire une fois les cordes montées, en raison de la déformation du manche sous tension. Le sillet peut ensuite être limé en largeur et hauteur et être poli.

Hauteur au chevalet

La hauteur au chevalet se règle cordes montées. Le rabotage sélectif du chevalet doit permettre d'obtenir une hauteur de cordes à la 12e frette, mesurée au réglet, de 2,8 mm au mi aigu, et 3,8 mm au mi grave.

Compensation

La compensation a été partiellement prise en compte lors du positionnement du chevalet, qui a été collé à 631 mm pour un diapason de 630. La compensation des aigus nécessitant, pour ce type de cordes et de guitare 631 mm, et pour les graves 632 mm, il faut chanfreiner le chevalet sur 1 mm pour les cordes filées.

compensation.jpg

Note : la compensation est rendue nécessaire en raison du léger allongement des cordes lorsque celles-ci sont pincées sur le manche. Cet allongement entraîne une hausse de tension et donc de la fréquence de la corde. La compensation, en allongeant la corde, permet de remédier, au moins partiellement, à cet effet.

La compensation est déterminée expérimentalement pour chaque type de corde.

Les cordes y sont d'autant plus sensibles qu'elles sont peu élastiques. D'où le mm en plus des cordes filées, raides, par rapport aux nylons, qui sont elles très élastiques.

9 - rugzakgitaar, mise en cordes

Préparation du chevalet

Les trous sont alésés, bien d'équerre :

alesage_chevalet.JPG

On façonne ensuite les passages de cordes, à la scie et à la lime :

passage_cordes_chevalet.JPGchevilles_chevalet.JPG

Installation des chevilles

Les trous de chevilles sont repérés puis alésés (lousse 1:15, les violons sont, eux, à 1:25 ou 1:30). La lousse, dans un trou cylindrique, n'est pas guidée axialement : une attention toute particulière doit donc être portée à la perpendicularité.

reperage_trous.JPGlousse.JPG

Les chevilles montées :

chevillier.JPG

Note : les trous des chevilles 4 (ré) et 5 (sol) ont, lors d'un premier essai, été perçés de travers pour l'un, et trop profond pour l'autre. La réparation fera l'objet d'une étude spéciale et d'un billet à part.

8 - rugzakgitaar, finition touche et manche

Compensation de la touche

Le débattement des cordes graves étant plus important que les aigües, la touche, une fois collée, doit être rectifiée à la varlope de manière à être, sur la 12e frette, 1 mm plus basse :

compensation_touche.png

Après rabotage, on vérifie la bonne action à l'aide d'une règle rectifiée posée sur le chevalet et, côté sillet, sur une cale de 1 mm (hauteur de notre fil de frette) simulant la hauteur des cordes au sillet :

IMGP1197.JPGIMGP1198.JPG

Arrondi de la touche

La touche est ensuite arrondie (0,5 mm en bord de touche), à la varlope et au racloir. Pas de difficultés particulières pour cette opération, contrôlée au calibre rectifié :

IMGP1210.JPG

Arrondi du manche

L'arrondi du manche s'effectue comme pour la Grobert, par définition de trois plans successifs. On peut aussi poursuivre l'arrondi en le faisant revenir sur la touche.

arrondi-manche.pngarrondi1.JPG

arrondi2.JPGarrondi3.JPG

L'arrondi est enfin fini à la râpe fine, à la lime et au papier abrasif :

arrondi4.JPG


Pose des frettes

collage_frettes.JPGLes frettes, de 1x2 mm, se posent sans difficultés à l'aide d'un petit marteau à tête plastique. Le manche, s'il est déjà fini, est posé confortablement sur un sac de sable. S'il est encore brut de sciage, il peut être posé à plat sur une cale.

Sur cette guitare classique, les frettes sont collées à la colle chaude. Cela facilite leur insertion et, plus tard, un refrettage éventuel, et supprime le risque de bruits parasites sur les traits de scie qui seraient un peu trop larges.

verif_frettes.JPGLes frettes doivent être contrôlées 3 par 3 au cours de la pose. Un petit coup de marteau supplémentaire permet de faire rentrer dans le rang celles qui seraient un peu trop hautes. Le soin apporté à cette vérification permettra de réduire le travail de finition à la lime.

Le manche fretté, le sac (un bout de jeans) et le marteau :

IMGP1214.JPG
Les frettes sont ensuite coupées à ras et limées à 90°. Ce travail s'effectue avec une lime sans manche. Il faut faire attention à ne pas abîmer le corps de la guitare avec la soie ; l'idéal est à mon avis de la couper à la disqueuse.

arasage_frettes.JPGlimage_frettes.JPG

L'étape suivante consiste à chanfreiner les extrémités des frettes, toujours à la lime. Là, deux écoles : soit un chanfrein à 45° sur toutes les frettes, soit 45° au sillet et un angle plus relevé (~60°) vers la caisse, là où les cordes de Mi risquent le plus de se retrouver en bord de touche. La première solution est la plus simple, la seconde peut-être plus raffinée.

Dans les deux cas, le chanfrein doit atteindre le bord de touche, qui est entamé sur un demi-millimètre environ.

Contrôle des frettes

Une fois la colle sèche, le contrôle des frettes 3 par 3 peut être recommencé.

protection_touche.JPGcontrole2_frettes.JPG

Les frettes dépassant sont cette fois limées à la lime diamanté gr. 300, après protection de la touche. Le contrôle fini, les frettes peuvent être polies au papier abrasif, grains 400 à 1200. Un coup de laine d'acier pour polir et le travail sur frettes est terminé.

lime_frettes.JPGpoli_frettes.JPG

Insertion des repères de touche

Les repères de touche sont constitués d'un fil plastique de 2 mm, insérés dans des trous de même dimension. Ils sont posés facilement à l'aide d'une goutte de cyanoacrylate.

repere_de_touche.JPGrepere_de_touche2.JPG

repere_de_touche3.JPG

Reste à poser et régler les cordes, et la guitare sera prête à vernir.

- page 1 de 25