Voilà deux ans, depuis le trajet de Strasbourg à la Méditerranée, que l'idée de nouvelles vacances à vélo me démangeait.

L'Irlande me tentait également depuis longtemps, les vacances de cette année étaient donc toutes trouvées.

Un tour sur les forums et Wikitravel et une vague trame de voyage se dessine.

Billets de train et de ferry en poche, la tente ficelée sur le porte-bagages, c'est parti, du 1er au 13 juillet.

1er juillet 11h15 - Strasbourg Paris

De Strasbourg à Paris, le trajet se fait en TGV, où la rame de tête propose, sur réservation (prix fixe de 10 € pour l'ensemble du trajet) deux places pour vélo, occupées en temps normal par 4 strapontins. La première bonne surprise du voyage ne se fait pas attendre puisque les fameux strapontins sont occupés par autant de personnes qui ont, elles aussi, réservé. Le vélo voyagera donc tant bien que mal dans le sas d'entrée, la roue avant calée à 90° dans la marche de la porte de sortie.

Mes voyageurs victimes d'overbooking, voyageant depuis Munich, étaient munis de billets allemands. Sans doute un cafouillage de la part de la Deutsche Bahn qui doit sans doute ignorer que ces places sont pour les vélos mais, en l'absence de tout contrôleur, je n'en saurai pas plus sur ce mystère. Je tenterai tout de même de râler auprès de la SNCF, on verra bien ce que ça donnera.

L'heure et demi de correspondance à Paris laisse le temps de rejoindre Saint Lazare depuis la gare de l'est. Le Vélib a manifestement changé la vie du cycliste parisien, et les grands boulevards sont souvent doublés de pistes cyclables séparées de la chaussée et du trottoir. A condition de faire attention aux ouvertures de portières, elles sont assez sures. Là où elles sont absentes, il faut parfois rouler assez vite pour s'intégrer au trafic et, comme toujours en ville, ne pas rouler trop à droite et garder un œil prudent sur ce qui se passe derrière.

15h10 - Paris Cherbourg

Le trajet en train Corail est moins stressant qu'en TGV.

La réservation y est obligatoire mais, me semble t-il, gratuite.

Une voiture sur deux comporte, dans le sas d'entrée, 2 crochets pour y suspendre les cycles.

L'accrochage est un peu physique et il est parfois plus facile de pendre son vélo par la roue arrière, cela évite d'avoir la roue qui se balade mais impose de démonter les sacoches.

Cela demande un peu d'entraînement à terre !

18h09 - Cherbourg

Le port de Cherbourg est bien fléché et un plan sur le parking de la gare permet d'en trouver facilement le chemin (10-15 min de trajet à vélo).

Le départ du ferry à 22h me laisse 4 heures, le temps d'une balade sur le port et d'une bière à l'Epicentre, petite salle de musique alternative située sur les quais.

Ils organisent un festival au printemps ; j'en prends note, ce sera peut-être l'occasion de repasser par cette ville attachante comme savent souvent l'être les villes portuaires.

L'enregistrement au ferry de Celtic Link est prévu une heure avant le départ, où une file de véhicules attend l'ouverture des barrières.

Des motards allemands semblent sincèrement surpris que l'enregistrement ne commence pas à l'heure prévue. Sans doute leur premier passage par la France !

Les vélos voyagent bien à l'abri juste après la porte du ferry, ce qui assure de sortir en premier à l'arrivée.

Leur arrimage est effectué rapidement par le personnel de bord et les vélos peuvent conserver leurs sacoches. Quelle simplicité par rapport à l'avion où les vélos doivent voyager encartonnés !

A  22 heures, depuis le pont 7 du Norman Voyager, celui des fauchés en sièges inclinables, on entend les deux moteurs MAN 9 cylindres de 13000 chevaux se mettre en route.

Pendant les 17 heures de la traversée, leur ronronnement permanent ne nous quittera plus.